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A la une: La crise alimentaire

Les prix alimentaires mondiaux ont augmenté ces dernières années. L’indice des prix des produits alimentaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a augmenté de 9 pour cent en 2006 et de 23 pour cent en 2007, et les prix mondiaux des denrées alimentaires de base ont enregistré une hausse particulièrement forte.

Cette envolée s’est poursuivie au début de 2008 et, bien qu’il y ait eu une légère baisse ces derniers mois, les prix demeurent de loin supérieurs aux niveaux enregistrés en 2006 et ne devraient guère diminuer pendant un certain temps.

Cette flambée des prix a des causes multiples. Du côté de la demande, citons la hausse de la consommation, en particulier dans les pays en développement à croissance rapide, et le remplacement de certaines cultures vivrières par des cultures destinées à la production de biocarburants. Du côté de l’offre, citons le faible volume des stocks, la hausse du coût de l’énergie et, dans de nombreuses régions du monde, le recul des niveaux de production et de productivité, imputable aux conditions météorologiques défavorables et à la faiblesse des investissements dans le secteur agricole.

En outre, les variables de politique comme les fluctuations des taux de change et l’imposition de restrictions au commerce ne font qu’exacerber la situation, tout comme les activités spéculatives sur les marchés des matières premières.  Les conséquences de cette évolution sont désastreuses. La facture des importations de denrées alimentaires des pays en développement a grimpé en flèche, augmentant de 33 pour cent en 2007. On craint de plus en plus que l’envolée des prix alimentaires n’annule bien des succès remportés ces dernières années en matière de réduction de la pauvreté et ne pousse dans la misère jusqu’à 105 millions de personnes. Cette paupérisation sera particulièrement grave dans les pays les moins avancés.

Les organes directeurs  de l’ONUDI  ont considéré que la crise alimentaire mondiale actuelle était un défi grave et complexe qui touchait les pauvres dans le monde. Si l’ONUDI n’aurait pas grand chose à apporter aux mesures immédiates, elle est toutefois particulièrement qualifiée, de par son mandat et ses compétences, pour offrir un appui efficace dans la mise en œuvre des diverses mesures identifiées pour le moyen et long terme.

Cet appui consisterait d’une part à fournir des services de coopération technique et de conseil stratégique pour stimuler la production et la productivité agricoles au moyen de la fabrication en plus grandes quantités et de l’utilisation efficace de machines et d’intrants agricoles. Il s’agirait d’autre part de promouvoir l’adoption de diverses technologies après-récolte pour valoriser la production agricole et améliorer son aptitude au stockage, sa longévité et sa valeur commerciale.

Déterminée à réduire la pauvreté, l’ONUDI a élaboré et mis en œuvre une série de programmes et de projets destinés à améliorer durablement la disponibilité, la sécurité et l’accessibilité alimentaires. La stratégie suivie par l’ONUDI pour améliorer la sécurité alimentaire porte par conséquent sur trois aspects essentiels:

•    bonne disponibilité alimentaire;
•    approvisionnement en aliments sûrs;
•    facilitation de l’accès à la nourriture (au moyen de la génération de revenus).

Cette approche de l’ONUDI repose sur la conviction que l’élimination de la faim exige non seulement une augmentation de la disponibilité de produits agricoles, mais aussi une chaîne de production/commercialisation viable et un accès à la nourriture rendu possible par des activités qui offrent aux populations les ressources nécessaires pour s’en procurer.

Un élément clef pour assurer ces trois aspects de la sécurité alimentaire est de mettre en place des activités compétitives et durables dans le secteur agro-industriel. Il s’agit de donner de la valeur ajoutée à la production agricole, de permettre une meilleure conservation des produits alimentaires, de réduire les pertes après récolte, de permettre le transport des produits sur de longues distances et de répondre à la demande accrue de produits agricoles, sur les marchés nationaux et potentiellement sur les marchés d’exportation. Ces activités favorisent en outre l’emploi rural non agricole et ont un effet bénéfique durable sur la génération de revenus et, par conséquent, sur la réduction de la pauvreté.

En tant qu’institution spécialisée des Nations Unies chargée de promouvoir l’industrialisation, l’ONUDI a de solides compétences et une vaste expérience pour ce qui est d’appuyer et de favoriser le développement de l’agro-industrie et de l’industrie alimentaire dans les pays en développement dont les économies sont encore essentiellement agricoles, notamment en Afrique et dans les pays les moins avancés. Elle continuera à offrir ses services à l’avenir, convaincue que la croissance et la modernisation de leurs industries, outre qu’elles amélioreront la productivité des secteurs industriels dans ces pays, aideront également à accroître la disponibilité alimentaire et à réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la réduction de la pauvreté.