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L'optimisation de l'efficacité des ressources représente une grande opportunité pour l'industrie et l'environnement au Liban

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En raison de sa situation géographique au Moyen Orient, le Liban doit supporter l’impact des conflits survenant à l'intérieur du pays et au sein des pays voisins. Depuis que la guerre en Syrie a éclaté en 2011, 1,5 millions de Syriens ont trouvé refuge au Liban. L'impact économique et social de cette crise pèse sur les finances publiques, l'environnement et le potentiel économique du pays. En effet, le secteur industriel libanais est confronté à une diminution des exportations et à une pression accrue sur les infrastructures.

Les coûts de production augmentent de manière inquiétante au Liban. Plusieurs obstacles mettent en péril la capacité des entreprises libanaises à produire et à exporter, comme les interruptions d’approvisionnement en électricité, la dépendance croissante à l'égard des combustibles fossiles coûteux et à forte teneur en carbone, les problèmes de distribution d'eau et la hausse des coûts de transport.

Afin de stimuler le secteur industriel, les entreprises libanaises doivent changer la manière dont elles gèrent les déchets, les ressources énergétiques et l'eau, en particulier dans l'industrie alimentaire. Pour ce faire, elles ont besoin d'outils et d'investissements qui leur permettront d’économiser de grandes quantités de matières premières et de ressources énergétiques, et donc de cesser de polluer tout en renforçant leur compétitivité.

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La transformation des défis en opportunités est au cœur de la démarche Transfer of Environmentally Sound Technologies (TEST) employée par l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). TEST met un ensemble d'outils à disposition des industries pour réaliser des modifications au sein des opérations commerciales en cours. Ces outils permettent de faire des économies et donc de faire face à la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières. Cette méthodologie a été introduite au Liban dans le cadre du projet MED TEST II, une partie innovante du programme SwitchMed, lancé en 2013 par l'Union européenne pour accélérer le passage à des modes de consommation et de production durables dans le sud de la Méditerranée.

Nada Sabra est experte en environnement et travaille depuis 14 ans aux côtés de l'ONUDI afin de développer le secteur industriel libanais. Elle explique que le projet s'attaque aux défis auxquels le secteur industriel est confronté afin d’augmenter son efficacité lors de l’emploi des matières premières et des ressources énergétiques, tout en accroissant le volume de production. « Dans le cadre du projet MED TEST II, on dit toujours qu'on ne peut pas gérer ce qu'on ne peut pas mesurer, ce qui a souvent changé la manière dont des dirigeants d'entreprises traitent l’emploi des matières premières, des déchets, des ressources énergétiques et de l'eau. »

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Lors de la mise en place du projet au Liban, l'équipe du projet MED TEST II a encouragé les entreprises à installer des appareils permettant de recueillir des données sur leur consommation. Le projet a donc pu identifier de nombreux moyens permettant aux entreprises de réaliser des économies ; les huit entreprises participantes ont pu réduire leur consommation annuelle d'eau de 53 412 m³ et leur consommation d'énergie de 14,3 GWh par an.

Ces entreprises peuvent maintenant déterminer le coût de leurs pertes au cours de l’étape de production et prendre les bonnes mesures pour augmenter leur efficacité.

Cependant, il peut parfois être difficile de convaincre les petites et moyennes entreprises d'adopter des pratiques de production plus efficaces. En effet, la plupart du temps, les entreprises craignent que l’optimisation de l'efficacité de leurs ressources n’entraîne des coûts supplémentaires.

Comme l'explique Nada Sabra, « "efficacité" est synonyme de "compétitivité". La compétitivité est un élément clé pour l’investissement en technologies économes […] Au Liban, 60% des mesures d'investissement identifiées dans le cadre du projet MED TEST II ont commencé à être rentables à peine six mois après le début de leur mise en oeuvre, ce qui montre à quel point des actions toutes simples peuvent grandement faire avancer les petites entreprises. Une production économe en ressources entraîne une réduction des coûts d'exploitation, ce qui permet de faire de nouveaux investissements, de moderniser les outils, d'accroître la production et de créer de nouveaux emplois ».

Nada Sabra soutient que « les entreprises entrent dans un cercle vertueux à partir du moment où elles commencent à employer des techniques de production plus efficaces ».

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De nombreux exemples témoignent du succès du projet MED TEST II au Liban, comme la société HMBR Manufacturing and Trading, qui possède deux usines situées dans la région de Choueifat. L'une produit différents types de chips, tandis que l'autre produit de nombreux types de pain, des viennoiseries, des crèmes glacées et du chocolat. Grâce au projet MED TEST II, cette entreprise a réussi à identifier des opportunités d'économies d'une valeur de 1 211 561 euros par an.

Le projet MED TEST II nous a permis de faire d’énormes progrès quant à la prise de conscience générale de l’importance de l'emploi efficace des ressources. Les appareils permettant de recueillir les données ont joué un rôle majeur dans cette transformation car ils ont permis de traduire des concepts très vagues en chiffres réels », a déclaré Marwan El Koussa, président du conseil d'administration.

Un autre exemple est le Groupe Dirani, un producteur de divers produits alimentaires, qui s'est développé au cours des dernières années et qui cherche déjà à trouver des moyens pour faire des économies d’énergie. Grâce à ce projet, le Groupe Dirani a pu améliorer sa ligne de production et a réussi à réduire la facture énergétique de 13 %, ce qui a permis à l'entreprise d'économiser plus de 65 310 euros en coûts énergétiques.

« Le projet MED TEST II  nous a permis d’améliorer notre efficacité énergétique en seulement deux ans. Sans l’aide de ce projet, nous aurions pris 10 ans pour arriver à un tel résultat », a déclaré Ahmad Dirani, directeur général du groupe Dirani.

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Source : SwitchMed Magazine : Lebanon